Un dinosaure à piquants aux propriétés inédites découvert en Chine

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le  10 février 2026
Reconstitution artistique d’un jeune Haolong dongi du Crétacé inférieur de Chine (il y’a 125 millions d’années). © Fabio Manucci
Reconstitution artistique d’un jeune Haolong dongi du Crétacé inférieur de Chine (il y’a 125 millions d’années). © Fabio Manucci
Documenté depuis 200 ans, le groupe des Iguanodontia s’agrandit avec une toute nouvelle espèce, la première à arborer des piquants aux propriétés jamais observées auparavant chez les dinosaures. Des scientifiques du CNRS et de l’Université Grenoble Alpes (UGA) et leurs partenaires internationaux ont mis au jour en Chine la peau fossilisée d’un jeune spécimen d’iguanodon exceptionnellement bien conservée. Cette découverte est parue dans la revue Nature Ecology & Evolution le 6 février 2026.
Au moyen de scans à rayons X et de coupes histologiques à hautes résolution, les scientifiques ont pu observer des cellules cutanées préservées depuis 125 millions d’années, témoins de la présence de piquants creux et cornés sur une grande partie de son corps. Les scientifiques ont baptisé cette nouvelle espèce Haolong dongi en l'honneur de Dong Zhiming, pionnier de la paléontologie chinoise.

Ce dinosaure à piquants était herbivore et vivait sous la prédation de petits dinosaures carnivores. Comparables à celles des porcs-épics par leur fonction de dissuasion, ses appendices représentent une innovation évolutive unique. Ils auraient également pu jouer un rôle dans la thermorégulation ou la perception sensorielle.

Jusqu’à présent, aucune preuve n’attestait de l’existence de tels piquants chez les dinosaures. Le spécimen de Haolong dongi étant juvénile, il reste à déterminer si ces piquants étaient également présents chez les adultes.

« J’ai été émerveillée par la fossilisation parfaite de la structure cellulaire de l'épiderme, jusqu'à la présence des nucléoles dans le noyau.... J'ai d'emblée parlé de "spikes", car je me suis battue dès le début des années 2000 contre la théorie d'un chercheur Américain Richard Prum selon laquelle les premières plumes seraient des écailles allongées...ce qui aurait pu fausser l'interprétation des "spikes", les piquants découverts aujourd’hui ! » raconte la professeure émérite à l’UGA Danielle Dhouailly, co-signataire de cette publication. Elle ajoute : « l'étude de Haolong nous prouve l'extraordinaire diversité des structures tégumentaires présentées par les Dinosaures. Je suis persuadée que l'étude de nouveaux fossiles devrait encore documenter et amplifier cette diversité. »

Les auteurs de l’étude à l’observation du fossile d’Haolong dongi au Musée géologique d’Anhui à Hefei, Chine.  © Thierry Hubin
Les auteurs de l’étude à l’observation du fossile d’Haolong dongi au Musée géologique d’Anhui à Hefei, Chine. © Thierry Hubin 

Reconstitution artistique d’un jeune Haolong dongi du Crétacé inférieur de Chine (il y’a 125 millions d’années). © Fabio Manucci

Reconstitution artistique d’un jeune Haolong dongi du Crétacé inférieur de Chine (il y’a 125 millions d’années). © Fabio Manucci
 
Publié le  9 février 2026
Mis à jour le  10 février 2026