Première observation en direct de la rotation d’un « berceau » de planètes

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le  17 juin 2026
Le disque protoplanétaire d’AB Aurigae. © ESO
Le disque protoplanétaire d’AB Aurigae. © ESO
Pour la première fois, la rotation d’un disque où naissent des planètes a pu être observée directement en cartographiant l’émission de ses grains de poussières. Il s’agit du disque qui entoure la jeune étoile AB Aurigae. S’il semble globalement tourner conformément aux lois de la physique, certaines régions proches de l’étoile présentent une déviation inattendue.

L’origine de cette anomalie ? Un faisceau d’indices indiquerait la présence de planètes géantes en cours de formation. Cette étude, impliquant des scientifiques de l'Institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble (IPAG-CNRS/UGA) a été publiée dans la revue Astronomy & Astrophysics le 1er juin 2026. Elle apporte un éclairage inédit sur les mécanismes de formation des planètes et la dynamique complexe des disques protoplanétaires.

Grâce aux capacités uniques de l’instrument Sphere1 dans le proche infrarouge et à son exceptionnelle résolution spatiale, l’équipe a pu suivre avec précision les structures du disque et leur évolution sur trois observations, collectées sur un intervalle de 4 ans. Les scientifiques ont identifié une structure brillante, caractéristique des zones d’accrétion où du gaz et des poussières s’accumulent et tombent sur un objet en formation. Ce phénomène est notamment impliqué dans la formation des planètes géantes gazeuses. Les images du disque d’AB Aurigae2 révèlent également la rotation rapide de fines ombres projetées en surface par des structures invisibles, potentiellement des protoplanètes (des planètes en devenir) ou des amas de poussières opaques, en orbite près de l’étoile. 

Ces résultats, plus complexes que prévu par les modèles théoriques, soulignent l’importance de poursuivre les recherches afin de détecter directement les propriétés des protoplanètes ou des amas responsables des structures observées dans le disque de AB Aurigae.

Les laboratoires impliqués

  • Laboratoire d'instrumentation et de recherche en astrophysique (CNRS/Observatoire de Paris – PSL/Sorbonne Université/Université Paris Cité)
  • Laboratoire d'astrophysique de Bordeaux (CNRS/université de Bordeaux)
  • Laboratoire Astrophysique, instrumentation, modélisation (CEA/CNRS/Université Paris Cité)
  • Institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble (CNRS/Université Grenoble Alpes)
  • Laboratoire Joseph-Louis Lagrange (CNRS/Observatoire de la Côte d’Azur/Université Côte d’Azur)
  • Centre de recherche astrophysique de Lyon (CNRS/ENS de Lyon/Lyon 1 Université Claude Bernard)
1. Développé par un consortium européen, SPHERE installé sur le VLT depuis 2014, est un instrument du Very Large Telescope à l’ESO au Chili.
2. AB Aurigae est une étoile de la constellation du cocher.

Article initialement publié par le CNRS
Publié le  17 juin 2026
Mis à jour le  17 juin 2026