Le futur de la collaboration scientifique et technologique entre la France et Taiwan s’est écrit à Grenoble

International, Recherche
le  22 avril 2026
De gauche à droite : Donato Giorgi, directeur à la Direction des relations européennes et internationales du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace (MESRE), le Dr Pei-Chih Hao, représentant du Bureau de représentation de Taipei en France (BRTF), le Pr. Yassine Lakhnech, président de l'Université Grenoble Alpes (UGA), le professeur Cheng-Wen Wu, ministre du National Science and Technology Council (NSTC), Marie-Noëlle Battistel, députée à l'Assemblée nationale, le Dr Bruno Feignier, Administrateur général adjoint du CEA
Les 20 et 21 avril, l'Université Grenoble Alpes a accueilli la deuxième édition des Assises franco-taïwanaises de la recherche scientifique. Deux jours de travail intense entre visites, tables rondes, sessions scientifiques qui ont donné à voir, dans toute sa densité, un écosystème de recherche et d'innovation unique au monde, dont l'UGA est le pivot.
"Grenoble is actually the city of science, research and innovation, not just in France but in the world, a very important city." - Pr. Cheng-Wen Wu, ministre du National Science and Technology Council

C'est le ministre du National Science and Technology Council de Taïwan qui parle, après une journée passée à traverser laboratoires, plateformes technologiques et sites industriels. Une formule spontanée, presque étonnée, qui dit mieux que n'importe quel bilan ce que les 75 représentants taïwanais sont venus chercher ici, et ce qu'ils ont trouvé. Car derrière ce que le ministre a vu, il y a un écosystème singulier : celui de l'UGA, dans lequel le CEA, le CNRS, Inria, Inserm et les autres grands organismes nationaux de recherche ne sont pas de simples voisins, mais des partenaires pleinement intégrés à la stratégie et aux activités de l'université.

Car ces Assises ont commencé par le terrain. Avant les prises de parole institutionnelles et les tables rondes, les délégations ont sillonné laboratoires, centres de recherche et sites industriels portés ou co-portés par l'UGA, répartis en quatre parcours thématiques. Semi-conducteurs d'abord, avec une immersion au CEA-Leti, au Laboratoire des Technologies de la Microélectronique (UGA, CNRS), puis chez STMicroelectronics : de la recherche amont à la production industrielle, en quelques kilomètres. Numérique ensuite, entre le cluster MIAI, CyberAlps et le centre Inria de l'UGA, entre l'intelligence artificielle et de la cybersécurité. Santé, avec une rencontre avec des startups du secteur, une visite du Grenoble Institut des Neurosciences (UGA, Inserm, CNRS) et du CReSI, centre spécialisé dans les dispositifs médicaux implantables. Énergie enfin, du CEA-Liten et du G2Elab (UGA, CNRS) jusqu'à IntenCity, le bâtiment démonstrateur de Schneider Electric. Quatre parcours, une même réalité : ici, recherche fondamentale, organismes nationaux et industrie ne se côtoient pas seulement, ils travaillent ensemble, sous l'impulsion et la coordination de l'UGA, qui fait de cet écosystème l'un des plus intégrés et des plus denses au monde.

Photos des visites

C'est cette réalité que les Assises ont eu pour ambition de mettre au service d'une coopération scientifique bilatérale plus profonde. Réunissant près de 200 personnalités, chercheurs, responsables institutionnels, représentants d'organismes de recherche et d'universités, l'événement s'inscrivait dans la continuité d'une première édition tenue à Taipei il y a deux ans, et d'un accord de coopération scientifique et technologique signé en 2023. Mais l'ambition affichée était de changer d'échelle.

"We move from dialogue to action. From aspiration to accountability. From shared interests to shared commitments." - Pr. Yassine Lakhnech, président de l'UGA

Pendant deux jours, près de 90 experts scientifiques ont travaillé sur huit domaines stratégiques : technologies quantiques, semi-conducteurs, intelligence artificielle, cybersécurité, santé, énergie, sciences de l'océan et espace. Des domaines qui ne sont pas des choix arbitraires, ce sont précisément ceux où la souveraineté technologique se joue, et où les complémentarités entre les deux parties sont les plus fortes. Taïwan y apporte son excellence en semi-conducteurs et en ingénierie de précision. La recherche française, sa capacité à faire le lien entre science fondamentale et applications concrètes.

La mobilisation du côté français témoigne du sérieux avec lequel cet événement a été préparé. Aux côtés du président de l'UGA, le Professeur Yassine Lakhnech, étaient présents Bruno Feignier, administrateur général adjoint du CEA, Bruno Sportisse, PDG d'Inria, le Professeur Didier Samuel, PDG de l'Inserm, , ainsi que des représentants du CNES, de l'Ifremer, de l'Institut Laue-Langevin, de l'IRAM et de l'ESRF. Le monde universitaire français était lui aussi largement représenté : France Universités, plusieurs membres d'Udice, l'Université Paris-Saclay, l'Université de Lille, l'Université de Bordeaux, l'Université de Lorraine, ainsi que d'autres établissements.

"This is the French research community — united, engaged, and speaking with one voice." - Pr. Yassine Lakhnech

Deux jours de travail qui ont permis de poser des jalons solides et d'identifier les sujets scientifiques les plus porteurs pour 2026 et 2027. Et déjà, les regards se portent vers la prochaine édition, qui se tiendra à Tainan en 2028.

Publié le  22 avril 2026
Mis à jour le  23 avril 2026