Lancement du projet CMA N2G2V : un collectif universitaire et industriel au service des compétences nucléaires de demain

le  26 février 2026
Lancement du projet N2G2V au Laboratoire de physique subatomique et cosmologie (CNRS, UGA - Grenoble INP - UGA)
Lancement du projet N2G2V au Laboratoire de physique subatomique et cosmologie (CNRS, UGA - Grenoble INP - UGA)
Ce mercredi 25 février 2026, l’Université Grenoble Alpes et son établissement-composante Grenoble INP - UGA ont officiellement lancé le projet N2G2V – Nouvelles Générations de diplômés en Nucléaire à Grenoble et Valence, lauréat de l’Appel à manifestation d’intérêt – Compétences et métiers d’avenir (AMI-CMA) France 2030.
S’appuyant notamment sur le master Ingénierie nucléaire à Valence et sur les écoles d’ingénieurs Grenoble INP - Phelma, UGA et Grenoble INP - Ense³, UGA, le projet vise à structurer et renforcer durablement les parcours de formation et de recherche de l’Université Grenoble Alpes (UGA), afin de répondre aux besoins massifs en compétences de la filière nucléaire, dans un contexte de relance industrielle, d’urgence climatique et d’enjeux de souveraineté énergétique.

Ce nouveau succès s’inscrit dans une dynamique plus large : l’UGA est désormais impliquée dans 18 projets lauréats de l’AMI-CMA, couvrant des thématiques stratégiques variées telles que l’énergie et la décarbonation de l’industrie, les technologies numériques et quantiques, l’électronique, l’ingénierie spatiale, les technologies du vivant ou encore le design des transitions.

Répondre aux besoins de recrutement de la filière nucléaire 

Prolongation de la durée de vie des réacteurs, démantèlement des installations historiques, construction de nouveaux EPR, développement d’usines du cycle en France et à l’international : la filière nucléaire connaît une dynamique sans précédent. Le rapport MATCH du GIFEN met en évidence des besoins estimés à 10 000 recrutements par an, dont 2 500 cadres, sur la prochaine décennie.

Le projet N2G2V a été conçu pour répondre à cet enjeu. Il prévoit une hausse de 67 % du nombre de diplômés bac+5 dans les formations nucléaires de Grenoble et Valence, faisant passer les effectifs de 250 à 400 étudiants, et le nombre de diplômés annuels de 130 à 230.

Pour Adrien Bidaud, professeur à Grenoble INP – UGA et porteur du projet :
La relance du nucléaire est une immense opportunité pour des milliers de jeunes d’accéder à des emplois d’ingénieurs à un bon niveau de rémunération, sur tout le territoire. Elle permet à celles et à ceux qui s’y engagent de contribuer à lutter contre le réchauffement climatique tout en participant à la souveraineté énergétique française.

Son co-porteur, Frédéric Mayet, professeur à l’UGA, souligne :
Les diplômes en nucléaire à Grenoble et à Valence sont d’ores et déjà très reconnus par les partenaires de la filière nucléaire. Le projet N2G2V permettra d’en augmenter significativement le nombre.

Un collectif d’acteurs universitaires et industriels pour transformer la formation nucléaire

N2G2V repose sur un consortium réunissant 11 partenaires académiques et industriels, illustrant la force du collectif grenoblois : l’Université Grenoble Alpes, Grenoble INP - UGA et les sociétés Électricité de France (EDF), Framatome, Orano, Assystem, CORYS, Groupe D&S, NUVIA France, Onet Technologies et Worldgrid France (Alten).

Sollicitée par le Secrétariat général pour l'investissement (SGPI) pour coordonner les projets nucléaires de l’AMI-CMA, l’Université des métiers du nucléaire (UMN) accompagnera également le projet. Lors de son intervention, Halimatou Sy Savane-Diallo, directrice de cabinet de l’UMN, a rappelé la mission de l’organisme : fédérer les acteurs de la formation et de l’emploi, rendre visible l’offre de formation, faciliter l’adéquation entre besoins industriels et parcours académiques, et promouvoir les métiers.

Former plus, former mieux : trois axes structurants

Le projet s’articule autour de trois axes majeurs :

Développer et adapter les formations

N2G2V ambitionne une montée en puissance des formations existantes par :
  • une augmentation significative du nombre de diplômés. Au niveau de l’UGA, l’ambition est de doubler le nombre de diplômés du master Ingénierie Nucléaire Valence en 2030.
  • la création de nouveaux parcours, en présentiel ou en format hybride, notamment : un parcours "Nucléaire" en apprentissage à Grenoble INP - UGA, des modules de mise à niveau pour les personnes en reprise d’études et des passerelles pour la "nucléarisation" de profils issus d’autres disciplines.
Les enseignements couvriront l’ensemble des thématiques stratégiques : fonctionnement des réacteurs, neutronique, instrumentation, thermo-hydraulique, matériaux, déchets, déconstruction et sûreté.

Accroître l’attractivité de la filière

Les actions s’inscrivent dans le plan « compétences » du rapport MATCH : interventions dans les lycées, salons étudiants, journées portes ouvertes, déploiement d’outils pédagogiques comme la valise E=mc².

Un objectif fort est affiché : diversifier les profils, sur les plans social, de genre et d’internationalisation. Des bourses sur critères sociaux et académiques soutiendront l’accès aux formations et la mobilité internationale.

S’appuyer sur des plateformes technologiques de pointe

Les étudiants bénéficieront d’un accès renforcé aux plateformes universitaires et industrielles : instrumentation nucléaire et sels fondus au Laboratoire de physique subatomique et cosmologie - LPSC (CNRS, UGA - Grenoble INP - UGA), fabrication additive au SIMaP, thermo-hydraulique et contrôle-commande à Ense³, simulateurs industriels d’EDF ou encore outils de simulation d’exploitation développés avec CORYS.

La visite des plateformes du LPSC, organisée à l’issue des prises de parole, a illustré concrètement cette articulation entre formation, recherche et industrie.

Un projet stratégique pour la souveraineté et la décarbonation

Vivien Quéma, administrateur général de Grenoble INP - UGA, a souligné que l’implication des partenaires industriels constitue une condition essentielle de réussite. Elle permet de garantir l’adéquation entre l’offre de formation et les besoins socio-économiques de la filière, tout en renforçant des cursus déjà solidement reconnus aux niveaux national et international et adossés à des équipes de recherche de premier plan.

Yassine Lakhnech, président de l’Université Grenoble Alpes, a replacé le projet dans une perspective plus large : la nécessité d’une électrification massive des usages pour répondre aux enjeux climatiques. Dans ce contexte, le nucléaire demeure un pilier de la décarbonation en France. Avec N2G2V, l’UGA affirme son ambition de devenir un pôle national de référence dans le domaine, au service de la souveraineté énergétique.

Enfin, Mohammed Benlahsen, recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation en Auvergne-Rhône-Alpes, a rappelé que les enjeux de décarbonation, de santé publique et de souveraineté reposent sur la science et la recherche. Ces défis ont été anticipés et travaillés de longue date par les chercheurs des universités, qui contribuent aujourd’hui à éclairer et structurer les réponses apportées à l’échelle nationale.


 
Publié le  26 février 2026
Mis à jour le  26 février 2026