À la bibliothèque universitaire Droit-Lettres de l’Université Grenoble Alpes, l’inauguration de l’exposition « Le Français langue étrangère à l’Université - 130 ans d’histoire à Grenoble » a donné le ton : celui d’un anniversaire qui ne regarde pas seulement le passé, mais qui célèbre, avec émotion, tout ce que la langue française continue de mettre en mouvement.
À l’occasion de ses 130 ans, le Centre universitaire d’études françaises de l’Université Grenoble Alpes propose une exposition, ouverte au public jusqu’au 11 mai, qui invite à un voyage sensible à travers plus d’un siècle d’accueil, d’innovation pédagogique et de rencontres internationales. Archives, objets, récits : tout concourt à rappeler que derrière l’histoire institutionnelle, ce sont avant tout des trajectoires humaines qui s’écrivent.
Et c’est justement par l’une d’elles que l’inauguration a commencé.
Roghan, étudiant indien arrivé en France, prend la parole. Son témoignage capte immédiatement l’attention par sa sincérité. Il évoque ses débuts, où chaque phrase demandait un effort. Puis, peu à peu, autre chose apparaît : un environnement où l’erreur n’est jamais sanction, mais progression. Où la langue ne s’apprend pas seulement dans les livres, mais dans les échanges, les regards, les moments partagés.
Dans sa classe, il se lie d’amitié avec un étudiant chinois. Deux étudiants venus d’ailleurs, réunis par une même démarche : comprendre le français, et à travers lui, un peu du monde qui les entoure. « Une langue est une clé qui ouvre des portes, relie les cultures et transforme des inconnus en amis », confie-t-il. Une phrase simple, mais qui résonne comme un fil conducteur de toute l’exposition.

Roghan et Pr. Yassine Lakhnech, président de l'UGA
130 ans d'engagement et d'ouverture
Car ce que rappellent ces 130 ans d’histoire, c’est bien cela : la langue comme lien.
Depuis 1896, le CUEF poursuit une mission restée intacte : accueillir, former, transmettre. Une mission qui prend aujourd’hui une dimension particulière, comme l’a souligné Yassine Lakhnech, le président de l’UGA. Dans un contexte international traversé par des tensions et des logiques d’uniformisation, la francophonie apparaît comme un levier pour préserver la diversité des cultures et des pensées. Former chaque année près de 2 500 étudiants issus de 158 pays, c’est contribuer concrètement à cette ambition : tisser des liens durables entre la France et le reste du monde, tout en affirmant une certaine idée de l’ouverture.
L’exposition en offre une traduction concrète et incarnée. On y croise des figures emblématiques passées par Grenoble : Jacqueline Kennedy Onassis, Masako Owada, Richard von Weizsäcker ; mais surtout une multitude d’histoires plus discrètes, qui composent la véritable richesse du lieu.
Pensée comme un travail collectif, mobilisant enseignants, archivistes et plusieurs directions de l’université, cette exposition témoigne aussi d’un effort de mémoire. Préserver des archives, raconter une évolution, mettre en lumière des parcours : autant de façons de donner de vie à ce que représente aujourd’hui le CUEF.

Lors de l’inauguration, une conviction s’est imposée : ces 130 ans ne sont pas seulement un héritage. Ils sont une dynamique toujours à l’œuvre. Une langue qui s’apprend, certes. Mais surtout une langue qui relie, qui transforme, qui ouvre.
L’exposition est à découvrir jusqu’au 11 mai à la bibliothèque universitaire Droit-Lettres de l’UGA. Une invitation à parcourir 130 ans d’histoire et, peut-être, à se souvenir que derrière chaque mot appris, il y a souvent une rencontre qui change tout.