Un nouveau nano-satellite made in Grenoble dans l’espace !

Innovation, Recherche
le  10 janvier 2022
STORK, le nano-satellite partagé de l'entreprise SatRevolution, contenant la charge utile ThingSat ©SatRevolution
STORK, le nano-satellite partagé de l'entreprise SatRevolution, contenant la charge utile ThingSat ©SatRevolution
Le décollage prévu le 13 Janvier 2022 s’est bien déroulé. ThingSat est le deuxième projet de nano-satellite du Centre Spatial Universitaire de Grenoble (UGA/Grenoble-INP - UGA) à être mis en orbite. Son objectif ? Connecter par satellite, à très faible coût énergétique, des objets « connectés » en zones isolées (zones polaires, océans, déserts, forêts tropicales etc.) pour de nombreux cas d’usages tels que la surveillance du climat et des espaces sensibles, la prévention des risques naturels ou pour les entreprises ayant des flottes d’objets très dispersés.
ThingSat est le deuxième projet de nano-satellite initié et coordonné par le CSUG à prendre son envol pour l’espace (après AMICal Sat en septembre 2020). Le lancement s'est déroulé le 13 janvier 2022 de Cape Canaveral (Floride, USA) à 16 h 25 heure française sur un lanceur Space X Falcon 9 (mission Transporter 3).

Développé en un temps très court (1 an) l’instrument (ou charge utile) ThingSat sera embarqué à bord d’un nano-satellite partagé (STORK) développé par la société SatRevolution et placé sur une orbite polaire à une altitude d’environ 500 km. Ce deuxième lancement confirme la capacité du CSUG à fédérer un écosystème rassemblant des industriels (SpaceAble, Air Liquide, Gorgy Timing, Galatea), et a été rendu possible par le soutien en mécénat de la fondation UGA, la mobilisation des étudiants notamment de l’UGA et de Grenoble INP-UGA (20 étudiants ont travaillé sur le projet ThingSat pour un total de 8700 heures entre 2020 et 2022 ) et des acteurs de la recherche scientifique (OSUG, LIG et CNRS[1], IMEP-LaHC, Univ. Polynésie française, Institut Polaire Paul-Emile Victor) autour de projets de nano-satellites innovants pour la relève de défis scientifiques et sociétaux. Il confirme également la volonté du CSUG de lancer, en moyenne, un nano-satellite par an.

ThingSat : un nanosatellite au service de l’internet des objets des territoires isolés

L’internet des objets consiste à connecter des objets à internet pour leur permettre d’échanger des informations à distance, telles que des mesures ou des commandes. Aujourd’hui, une large partie de la surface du monde (régions rurales d’Asie et d’Afrique subsaharienne, les régions polaires ou bien les archipels océaniques) n’est couverte par aucun réseau terrestre (2G/3G/4G, Wifi, etc.). Ces régions isolées ont cependant un besoin de connectivité pour un très large panel d’applications telles que la surveillance de balises isolées pour la mesure de paramètres environnementaux pour améliorer notre compréhension du système climatique (dans un contexte de changement global), la prévention des risques naturels ou encore l’organisation de secours.

ThingSat : un nanosatellite innovant au service de la surveillance de l’environnement

Le projet ThingSat a pour objectif de concevoir et de valider des protocoles de communication (technologie LoRa®) robustes longue distance, basse consommation énergétique, entre un cubesat (satellite de très petite taille embarquant le logiciel open-source RIOT) et des objets au sol, isolés de tout réseau terrestre internet ou électrique. Il s’inscrit dans l’intérêt général en s’intéressant plus particulièrement à la surveillance d’objets isolés en zones polaires, pour monitorer notamment la température ou la hauteur des glaciers (en partenariat avec l’Institut Polaire Paul-Emile Victor), la surveillance d’objets isolés dans la ZEE de la Polynésie Française (coopération avec l’Université de la Polynésie française), la diffusion du temps d’une façon sécurisée avec la société Gorgy Timing.
 
[1] Le CNRS a apporté un soutien financier au LIG de 20 K€ pour ce projet
Publié le  10 janvier 2022
Mis à jour le  13 janvier 2022