Premier test réussi à basse énergie pour le détecteur de neutrons MIMAC-512

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le  7 avril 2023
MIMAC-512 n'observe pas directement les neutrons, mais les effets qu'ils produisent dans une chambre remplie d'hélium gazeux. Image : LPSC IN2P3
MIMAC-512 n'observe pas directement les neutrons, mais les effets qu'ils produisent dans une chambre remplie d'hélium gazeux. Image : LPSC IN2P3
Une équipe du Laboratoire de physique subatomique et cosmologie (LPSC - CNRS/UGA - Grenoble INP-UGA) a testé avec succès un capteur capable de mesurer l’énergie de neutrons de basse énergie (autour du keV), en deçà de ce que les détecteurs existants permettent. Baptisé MIMAC-512 et inspiré d’une technologie issue de la traque des « hypothétiques » particules de matière noire, il pourrait ouvrir un large champ d’applications.
Le spectromètre neutronique MIMAC-512, développé au sein du laboratoire de physique subatomique et cosmologie (LPSC) à Grenoble, a franchi un cap décisif en réussissant son premier test de mesure de l’énergie de neutrons épithermiques, c’est-à-dire des neutrons de faible énergie, de l’ordre du kilo électronvolt (keV), qu’aucun détecteur n’était en mesure, jusqu’à présent, de caractériser. Dans cette gamme d’énergie, le bruit de fond domine et les détecteurs actuels parviennent tout au plus à les compter. MIMAC-512 marque donc une rupture en permettant de déterminer leur énergie.

Lorsqu’un neutron traverse l’enceinte métallique du détecteur MIMAC-512, comme dans un jeu de bille, il peut propulser un noyau d’hélium (recul nucléaire) avec un angle et une énergie que l’appareil va pouvoir mesurer. Le recul nucléaire ionise le gaz le long de sa trajectoire, ce qui libère des électrons. Ces électrons migrent sous l’effet d’une différence de potentiel et, après avoir été amplifiés, rejoignent un capteur pixélisé qui enregistre leur position et le timing de leur arrivée. L’ensemble de ces observations permet de remonter à la forme 3D de la trajectoire du recul d’hélium et d’en déduire l’énergie du neutron incident.
Lorsqu’un neutron traverse l’enceinte métallique du détecteur MIMAC-512, comme dans un jeu de bille, il peut propulser un noyau d’hélium (recul nucléaire) avec un angle et une énergie que l’appareil va pouvoir mesurer. Le recul nucléaire ionise le gaz le long de sa trajectoire, ce qui libère des électrons. Ces électrons migrent sous l’effet d’une différence de potentiel et, après avoir été amplifiés, rejoignent un capteur pixélisé qui enregistre leur position et le timing de leur arrivée. L’ensemble de ces observations permet de remonter à la forme 3D de la trajectoire du recul d’hélium et d’en déduire l’énergie du neutron incident.

MIMAC-512 fait l’objet d’une collaboration avec l’IRSN (2). Il a été testé dans un faisceau de neutrons mono-énergétiques de 8 keV résultant de la réaction 45Sc(p,n) sur l’installation AMANDE (Accélérateur pour la métrologie et les applications neutroniques en dosimétrie externe) du Laboratoire de micro-irradiation, de métrologie et de dosimétrie des neutrons (LMDN) de l’IRSN.

Publié le  7 avril 2023
Mis à jour le  7 avril 2023