Données et méthodes en SHS : la recherche grenobloise à l'heure du numérique

Recherche
le  20 octobre 2026
Comment cartographier l'accès aux soins, analyser des données sensibles sur le RSA ou faire parler un manuscrit du XVIᵉ siècle grâce à l’intelligence artificielle ? Réunis à la Maison de la Création et de l’Innovation (MaCI), lors de la journée d’étude Données et méthodes en sciences humaines et sociales, une soixantaine de scientifiques ont fait le point sur les nouvelles pratiques qui façonnent les sciences humaines et sociales.
Co-organisée par GRICAD, Pacte, AAU et la PUD-GA dans le cadre du projet GATES, cette journée d’étude a illustré l’importance et la structuration des SHS à l’université, avec 24 laboratoires, 2 pôles de recherche et environ 1 500 chercheuses, chercheurs, doctorantes et doctorants. En introduction, Julie Sorba, vice-présidente Recherche en sciences humaines et sociales de l’UGA, a d’ailleurs souligné aussi l’originalité et l’intérêt du projet GATES et de son axe dédié à l’ingénierie des SHS. À travers une dizaine d’interventions, les équipes ont partagé leurs retours d'expérience sur la fabrique et le traitement des données contemporaines.

Du territoire modélisé à l'écoute du paysage

Les échanges ont d'abord mis en lumière l'ancrage territorial de la recherche. Des géographes et sociologues ont ainsi confronté les modélisations théoriques de la « ville du quart d’heure » aux parcours réels des habitants, tandis qu'un projet de recherche-création proposait une immersion sonore inédite pour donner une voix à l'Isère dans sa traversée urbaine.

Naviguer au cœur des données sensibles

La manipulation de données hautement protégées a également été au cœur des débats. Les équipes sont notamment revenues sur la création d'un graphe de connaissances pour quantifier la létalité des frontières européennes, ainsi que sur les démarches d'accès sécurisé aux données statistiques du RSA pour analyser la portée des politiques sociales.

L'intelligence artificielle locale et souveraine

Face à la montée en puissance de l'intelligence artificielle, la journée a mis en avant le développement de solutions souveraines et locales. En s'appuyant sur les infrastructures de calcul de GRICAD, les chercheurs ont démontré qu'il est désormais possible d'interroger de vastes corpus de thèses ou d'analyser des comptes-rendus d'entretiens sans dépendre des géants du Web.

Les humanités à l'ère numérique

Enfin, les humanités numériques et les méthodes quantitatives ont clôturé la rencontre. Des protocoles rigoureux de méta-analyse en psychologie jusqu'à la transcription automatique de manuscrits de 30 000 vers, les chercheurs ont montré comment le numérique permet de valoriser les sources patrimoniales tout en garantissant une transparence scientifique totale. 


Lire le billet du blog du pool des ingénieures et ingénieurs GATES qui rend compte de la richesse de cette journée

Publié le  20 octobre 2026
Mis à jour le  20 octobre 2026