Guillaume Vallet, lauréat du prestigieux programme Fulbright Chercheurs

Distinction / Prix Recherche
le  28 juin 2021
Enseignant-chercheur en économie à l’UGA, Guillaume Vallet fait partie des lauréats 2021 de la bourse Fulbright "Chercheurs". L’obtention de cette prestigieuse bourse vient distinguer la qualité des travaux de recherche de ce spécialiste de l’histoire de la pensée économique et va lui permettre de partir plusieurs mois aux États-Unis.
Depuis plus de 70 ans, la Commission Fulbright franco-américaine remet chaque année à 4 ou 5 chercheurs seulement la bourse Fulbright "Chercheurs" - Programme national. Proposée dans toutes les disciplines, cette bourse finance des projets de haut niveau pour des candidats désireux de se rendre dans des institutions universitaires ou culturelles aux États-Unis et souhaitant développer des coopérations avec leurs homologues américains.

"Cette bourse va me permettre d’effectuer un travail d’archives dans les bibliothèques de plusieurs grandes universités américaines. L’idée de ce séjour est aussi de pouvoir rencontrer des collègues et des chercheurs américains sur mes thématiques de recherche, de nouer des liens et de créer de nouvelles collaborations."

En août prochain, Guillaume Vallet, maître de conférences à la Faculté d’économie et au Centre de recherche en économie de Grenoble (CREG), va traverser l’Atlantique pour un séjour de 4 mois aux États-Unis.

Un voyage d’études aux sources de la société américaine

Spécialiste de l’histoire de la pensée économique, de la monnaie et de l’économie politique du genre, Guillaume Vallet va plus particulièrement s’intéresser lors de son séjour à la période de l’ère progressiste américaine (1890-1920) ; une période considérée notamment comme celle de l’institutionnalisation des sciences sociales aux États-Unis.

À partir d’un travail d’archives, Guillaume Vallet va chercher à mieux "comprendre comment et pourquoi les sciences sociales se sont institutionnalisées aux États-Unis, en lien avec la question des inégalités de l’époque". Première étape de ce voyage d’études, les collections de la bibliothèque du Bowdoin College puis, pas très loin et toujours dans l’État du Maine, celles du Colby College. C’est en effet au sein de cette université qu’Albion Small, un des penseurs sur lesquels Guillaume Vallet travaille, a débuté sa carrière avant de fonder en 1892 le premier département de sociologie américain au sein de l’Université Chicago.

Albion Small est l’un des auteurs emblématiques de l’ère progressiste au cours de laquelle beaucoup de travaux orignaux ont été produits. "Ces auteurs ont posé les bases de la possibilité de réforme de la société américaine pour plus d’égalité et pour améliorer le vivre-ensemble. Leur pensée est aux sources originelles du New Deal." Guillaume Vallet rappelle ainsi que les conseillers de F. D. Roosevelt ont été directement inspirés par les auteurs de cette période.

Des collaborations avec les plus grandes universités américaines

Après l’État du Maine, Guillaume Vallet va poursuivre son séjour dans trois autres États de la côte Est. L’occasion de nouveaux échanges, de nouvelles collaborations avec des chercheurs américains, et la possibilité de consulter les collections des bibliothèques des universités d’Harvard, Yale et Columbia. À travers ces nouvelles recherches, l’enseignant-chercheur souhaite pouvoir "relier les pensées d’autres auteurs progressistes à la pensée d’Albion Small" qu’il étudie plus spécifiquement.

Dans les archives de la bibliothèque d’Harvard, il s’intéressera notamment à Charlotte Perkins Gilman ; une sociologue et écrivaine américaine préoccupée par une question déjà centrale à son époque : celle du droit des femmes et plus largement du vivre-ensemble.
"Make America progressive again". Pour Guillaume Vallet, les auteurs de l’ère progressiste ont apporté une réflexion profonde sur la société et le capitalisme américains dont on peut encore s’inspirer. Une volonté de construire le progrès collectivement tout en libérant les individus et en favorisant l’égalité des opportunités.

Avant de s’envoler pour les États-Unis, le nouveau "Fulbright scholar" a réagi à l’obtention de sa bourse : "Je ressens beaucoup de fierté, j'ai un sentiment d'accomplissement individuel et collectif. C'est le résultat de beaucoup de travail, certes personnel, mais aussi réalisé en collaboration, notamment au sein de l'UGA : que ce soit avec mes collègues du CREG ou avec ceux d'autres disciplines. Cette bourse est le fruit individuel d'un processus collectif. Je suis donc fier du "Made in UGA", que je n'hésiterai pas à exporter aux États-Unis !"
Publié le  25 juin 2021
Mis à jour le  28 septembre 2021