Société, Sport de haut niveau
Championne d’Europe en ski alpinisme, Léna Bonnel réussit à concilier le sport haut niveau et les études.
Dans la famille Bonnel, tout le monde fait du sport et surtout du ski : le père, la sœur, le frère, l’oncle, les cousins... De fait, Léna Bonnel use plus spontanément du "on" que du "je". L’étudiante sportive de haut niveau, fraîchement sacrée championne d’Europe junior en ski alpinisme, aurait pourtant quelques raisons de tenir à son ego. A 19 ans, elle a déjà coché toutes les cases : Bac ES, permis B… Inscrite en première année STAPS à l’Université Grenoble Alpes, elle espère intégrer l’Ecole de kinésithérapie à la rentrée. Tout en continuant la compétition évidemment. "Oui, j’ai le goût de l’effort ! Que ce soit dans le sport ou les études", reconnaît-elle avec un grand sourire. Née à Saint-Jean-de-Maurienne d’un père accompagnateur en montagne et moniteur de ski et d’une mère parisienne, la jeune savoyarde commence le ski-club à l’âge de 8 ans. Elle fait du ski alpin haut niveau jusqu’en 2013, mais des blessures successives au genou et au dos l’obligent à arrêter. "A chaque fois, j’arrivais à mon plus haut niveau et je me blessais. Je redescendais. Il fallait remonter. C’était dur, mais sans cela je ne serais peut-être pas là où j’en suis. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ! C’est cliché de le dire, mais c’est vraiment ça. Cela m’a permis de me forger."

"On prend ses skis et on y va"


Comme sa sœur Candice, de deux ans son aînée, Léna décide de se tourner vers le ski alpinisme, un sport d’endurance adapté à sa physiologie et dont les valeurs l’attirent. "On est proche de la nature. Pas comme le ski alpin avec les téléskis et les télésièges sur des pistes. Il y a plus de liberté. C’est comme aller courir, on prend ses baskets et on y va. Là, on prend ses skis et on y va. Notre stade d’entraînement à nous, c’est la montagne." Quand l’hiver arrive, les deux sœurs passent tous leurs week-ends à disputer des compétitions. L’année prochaine, Léna passera "Espoir", elles courront alors dans la même catégorie et elles espèrent pouvoir former une équipe. "Depuis qu’on est toutes petites, on aime se lancer des challenges. Ça permet de se motiver. Je vois la compétition comme un aboutissement, la récompense d’un travail. Ce n’est pas un but en soi. Mon but, c’est plutôt de m’amuser, de me faire plaisir." S’amuser certes, mais en se dépassant : Léna compte ainsi plusieurs victoires en Coupe du monde, un titre de championne d’Europe et un titre de championne de France. Ses succès ne lui ont pas tourné la tête. "Une autre chose que j’ai appris de mes blessures, c’est que le sport doit rester un loisir. Une blessure arrive vite, il suffit d’une fraction de seconde. Heureusement aussi que ma mère est là. Elle n’a pas du tout été élevée dans ce milieu. Elle nous permet de relativiser, de voir autre chose. Sans elle, j’aurais probablement arrêté mes études…" Léna a trouvé sa voie. De son propre aveu, le temps qu’elle consacre à ses cours lui permet de se reposer, de souffler entre les courses et les entraînements. "Sans ça, j’aurais tendance à en faire un peu trop…". L’université et la compétition, un pari gagnant-gagnant.

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Ce portrait fait partie d'une série proposée à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes du 8 mars 2016.



Mis à jour le  17 novembre 2016