Étudiante en master 2 à l’Université Grenoble Alpes, elle a remporté le 22 mars 2016 le concours organisé par le groupe lyonnais Urbaccess avec son projet "Au coin du feu" qui repense le design du feu de circulation.
Elle a le contact facile et le verbe aussi. A 22 ans, Carlyne Berthot, étudiante à l’Université Grenoble Alpes, relève les défis sourire aux lèvres. Quand Catherine Gucher, responsable pédagogique du master "Vieillissement, Sociétés, Technologies" à l’UFR Sciences de l’Homme et de la Société l’encourage à candidater au concours "Ville accessible" organisé par le groupe lyonnais Urbaccess, elle saisit cette occasion unique d’approcher de façon pluridisciplinaire un thème qui l’intéresse : la mobilité à l’échelle du quartier. Le sujet entre en résonnance avec son mémoire de première année de master qui s’intéressait au parcours résidentiel des personnes âgées. Pour ce concours, Carlyne Berthot doit travailler avec trois autres étudiantes aux profils variés : Camille Bourguignon (architecte, en master d’urbanisme à Sciences-Po Paris), Emmanuelle Morisseau (Master 2 ingénierie des transports à Lyon 3) et Olivia Martin (Master 2 droit et sciences politiques à Lyon 3). "On s’est demandé comment on ressentait la ville. C’est un milieu qui présente des avantages avec ses commerces et ses services, mais on a aussi réalisé que le rythme, la cadence de la ville, n’était pas adapté aux personnes âgées. C’est alors qu’on s’est dit qu’il fallait matérialiser un temps de pause dans la ville." Les jeunes femmes décident de partir de l’existant : le feu tricolore est un lieu de rendez-vous à potentialiser. Leur idée : repenser son design afin de proposer un feu "couteau suisse" aux multiples combinaisons et services déployables à la demande : repose-fesses et strapontins ; plans interactifs pour le piéton; bornes de rechargement pour les fauteuils roulants électriques ; stations nomades pour recharger son smartphone... Le projet "Au coin du feu" est né et a convaincu le jury du concours qui a récompensé les jeunes femmes le 22 mars 2016 en leur allouant le prix doté par la RATP de 3000 euros.

Révélation


Rien, ou pas grand-chose, ne préparait Carlyne Berthot à se lancer dans des études universitaires longues et à se pencher sur les questions du vieillissement. "Mon projet à la fin du collège était de m’orienter vers la petite enfance, de passer le concours d’infirmière pour être ensuite puéricultrice." En 2011, elle s’inscrit en BTS Services et prestations des secteurs sanitaire et social (SP3S). L’occasion se présente à elle de faire son stage de première année dans un Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et d’observer les relations entre les soignants et les résidents. "J’ai commencé avec toute l’appréhension et les préjugés que l’on peut avoir sur la vieillesse et j’ai eu une vraie révélation pendant mon stage. Alors que j’ai toujours été proche des enfants, je me suis rendue compte que pour mon métier, je préférais travailler au contact des personnes âgées, avec leurs histoires de vie pas toujours faciles et les problématiques existentielles auxquelles elles sont confrontées : approche de la mort, rapport au corps…" Son deuxième stage se déroule dans un Centre communal d’action sociale (CCAS) où elle s’occupe de faire l’analyse des besoins sociaux des personnes âgées de 60 ans et plus. Cette expérience lui donne envie de poursuivre ses études en licence, puis en master. "Explorer, rechercher, ça me tient en haleine. C’est exaltant d’évoluer dans cette formation et je mesure la chance que j’ai d’avoir trouvé une voie dans laquelle je m’épanouisse vraiment", dit simplement celle qui n’a pas eu peur de repenser de fond en comble son projet de vie.

Mis à jour le  17 novembre 2016