Le succès d’un service comme Netflix qui propose un flux continu de films et de séries télévisées sur internet montre un engouement de plus en plus important pour les œuvres en séries. Se pose alors la question de savoir pourquoi notre esprit réagit si bien à une suite de films, une série télévisée ou à des romans en plusieurs volumes. Qu’est-ce qui rend ces récits fragmentés si attractifs ? Pourquoi la division d’une histoire en épisodes fascine tant ?
Cet ouvrage vise d’une part, à interroger l’impact de la sérialité sur notre imaginaire et, d’autre part, à mieux cerner l’imaginaire de la sérialité.

Au-delà des débats idéologiques ou méthodologiques dans les études sur l’imaginaire, un point semble faire l’unanimité : l’imaginaire opérerait essentiellement selon les mécanismes de la répétition. En forgeant la notion de l’imaginaire sériel, cet ouvrage propose de revenir sur l’étroite solidarité entre, d’une part, cette faculté qui conditionne et organise les va-et-vient riches de sens entre l’expérience et sa représentation et, d’autre part, un mode opératoire qui repose sur la répétition cadencée d’un ou de plusieurs paradigmes, dans un ensemble isolable, déterminé et cohérent, qui permet leur reproduction et leur inflexion.

Dans cette perspective, les œuvres d’art sérielles forment naturellement un champ de recherches privilégié, puisqu’elles font de la récursivité et de la redondance un principe de construction. Toute discipline artistique est susceptible de porter un éclairage sur les questions évoquées. Ainsi, les auteurs se proposent d’analyser aussi bien la littérature sérielle tels que les romans-feuilletons ou les cycles de littérature de jeunesse ou de science-fiction, que les séries télévisées, la musique sérielle, mais encore les séries dans la bande dessinée, le cinéma ou les arts picturaux.