©Sarah Del Ben/Wild Touch/Fondation UGA
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Ice Memory, mission accomplie au col du Dôme

Les scientifiques se mobilisent pour créer un patrimoine glaciaire mondial pour les générations futures.
La première mission du projet de sauvegarde du patrimoine glaciaire mondial, Ice Memory, lancée en France le 15 août 2016, dans le massif du Mont-Blanc, s'est achevée le 29 août avec succès. Une équipe internationale de glaciologues et ingénieurs - français, italiens, russe et américains - coordonnée par Patrick Ginot, ingénieur de recherche à l’IRD au sein du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement (LGGE - UGA/CNRS), et Jérôme Chappellaz, directeur de recherche CNRS dans ce même laboratoire, a prélevé au col du Dôme (4 300 mètres, massif du Mont-Blanc) les trois premières "carottes-patrimoine". L’objectif : constituer une bibliothèque mondiale d’archives glaciaires issues de glaciers menacés par le réchauffement climatique.

©Sarah Del Ben/Wild Touch/Fondation UGA
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Le forage qui a commencé le 16 août s'est terminé dix jours plus tard. Trois carottes de glace, de 126, 128 et 129 mètres, ont été extraites, puis descendues par hélicoptère dans la vallée. Elles sont maintenant stockées à côté de Grenoble dans un entrepôt frigorifique. L’une d’entre elles sera analysée sur place pour constituer une base de données disponible pour l’ensemble de la communauté scientifique mondiale. Les deux autres seront acheminées par bateau, puis par véhicules à chenilles sur les hauts plateaux de l’Antarctique, en 2020, pour être conserves à la base Concordia, gérée par l’Institut polaire français Paul-Emile Victor (IPEV) et son partenaire italien le Programme national de recherche antarctique (PNRA). À terme, ce sont des dizaines de carottes de glace patrimoine venant des glaciers du monde entier qui devraient être stockées dans une cave, creusée sous la neige, par -54°C, le congélateur le plus sûr - et naturel - du monde.

©Sarah Del Ben/Wild Touch/Fondation UGA
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Le glacier du col du Dôme constitue la première étape de ce projet majeur initié en 2015 par le LGGE, l’Université Ca’Foscari de Venise (Italie) et le Conseil national de la recherche italien (CNR), sous l’égide de la Fondation Université Grenoble Alpes. Une deuxième mission, plus longue et plus complexe, se déroulera en 2017 dans les Andes en Bolivie (sur le glacier Illimani). D’autres pays sont déjà candidats pour s’inscrire dans ce projet et sauvegarder la mémoire des glaciers auxquels ils ont accès : l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, le Brésil, les États-Unis, la Russie, la Chine, le Népal, le Canada.

Pourquoi constituer cette archive maintenant ?


L’idée de créer ce projet s’est imposée quand les scientifiques ont observé la hausse des températures de plusieurs glaciers. À dix ans d’intervalle, la température à proximité des glaciers du col du Dôme et de l’Illimani dans les Andes s’est élevée de 1,5 à 2°celsius. A la fin du 21e siècle, il n'y aura plus de glace en dessous de 3 500 m dans les Alpes, ni en-dessous de 5 400 m dans les Andes.  "Nous sommes la seule communauté de scientifiques travaillant sur les climats à voir disparaître une partie de ses archives. Il était devenu urgent de constituer ce patrimoine pour le futur, à l’instar du patrimoine mondial de semences conservé au Spitzberg", explique Jérôme Chappellaz, l’initiateur français du projet. Apport indispensable à la science environnementale et climatique, cruciale pour mieux anticiper notre avenir, la science des glaces n’aura en effet bientôt plus de matière première de qualité en provenance des régions de montagne en raison du réchauffement climatique.

"Notre génération de scientifiques, témoin du réchauffement climatique, porte une responsabilité particulière vis-à-vis des générations futures. C’est pourquoi, nous faisons don de ces échantillons de glace des glaciers les plus fragiles à la communauté scientifique des décennies et siècles à venir, quand ces glaciers auront disparu ou perdu la qualité de leur enregistrement", conclut Carlo Barbante, initiateur italien du projet, Directeur de l’Institut des dynamiques des processus environnementaux, CNR, Université Ca’Foscari de Venise.

Une mobilisation scientifique et un mécénat d’envergure


L’IPEV, le PNRA et Communauté Université Grenoble Alpes sont associés aux organismes scientifiques initiateurs du projet, l’Université Grenoble Alpes, le CNRS, l’IRD, le CNR (Italie), l’Université Ca’Foscari et la Fondation Université Grenoble Alpes.

Le projet contribue également au Programme Hydrologique International de l'UNESCO, dans le cadre du Programme IHPVIII (2014-2021), relatif aux activités de la neige, des glaciers, de l'eau et des ressources en eau.

La mission bénéficie des compétences et des équipements des organismes français et italien porteurs du projet, et est soutenu financièrement par des mécènes privés via la Fondation Université Grenoble Alpes. L'équipe remercie les mécènes de cette première mission, sans qui le projet n'aurait pu voir le jour : la Fondation Prince Albert 2 de Monaco, dédiée à la protection de l'environnement et au développement durable, la société Findus France, fabricant de surgelés, Claude Lorius, glaciologue français pionnier des forages glaciaires, la Fondation de la société Petzl, spécialiste des équipements de montagne, GMM, constructeur de remontées mécaniques et l'agence de presse Pressario.

La campagne de mécénat de la Fondation est en cours pour la mission de 2017 en Bolivie et le transport des carottes en Antarctique.

A voir en vidéo



 



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Mis à jour le  14 septembre 2016