Bourses ERC : deux nouveaux lauréats pour Grenoble

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le  10 décembre 2020
Myriam Benisty, astronome UGA à l’IPAG, et Nicolas Roch, chercheur CNRS à l’Institut Néel, font partie des lauréats 2020 des "ERC Consolidator Grants" attribués par le Conseil européen de la recherche. Une reconnaissance internationale de leur excellence scientifique et un financement européen exceptionnel de leurs projets de recherche.
Le Conseil européen de la recherche (European research council - ERC) a annoncé le 9 décembre dernier, les noms des lauréats 2020 des "ERC Consolidator Grants". Cette année, sur les 2 506 candidatures reçues, 327 projets ont été retenus pour une dotation globale de 655 M€. Avec 34 projets sélectionnés, la France se classe à nouveau en 3e position parmi les 23 pays européens représentés.

Les "ERC Consolidator Grants" s’adressent à des chercheurs ayant acquis de 7 à 12 ans d’expérience après l’obtention de leur doctorat et dont le parcours scientifique est particulièrement prometteur. Avec une dotation pouvant aller jusqu’à 2 M€ par chercheur, ces bourses financent des projets exploratoires originaux porteurs de découvertes scientifiques, techniques et sociétales.

Attribué pour une durée de 5 ans, ce financement permet aux lauréats de consolider leurs travaux de recherche à travers notamment le recrutement de nouveaux collaborateurs.

Deux ERC qui confortent l’excellence scientifique de Grenoble

Le nombre de lauréats à des bourses ERC est un marqueur fort de l'excellence de la recherche en Europe et à Grenoble. Depuis 2007, date de création des bourses ERC, le site grenoblois est le plus primé hors Île-de-France. Avec ces deux nouvelles bourses obtenues par Myriam Benisty et Nicolas Roch, Grenoble compte 28 "Consolidator Grants" et conforte son excellence scientifique. Après Paris, la capitale des Alpes est la seule ville française en région à figurer dans l’indice des 100 premières cités scientifiques mondiales publié par Nature en septembre 2020.

Myriam Benisty lauréate pour le projet Protoplanets

Myriam Benisty est astronome-adjointe UGA à l’Observatoire des sciences de l’univers de Grenoble (OSUG), affectée à l’Institut de planétologie et d’astrophysique de Grenoble (IPAG - CNRS, UGA) et au Laboratoire franco-chilien d’astronomie (CNRS). Elle est lauréate pour le projet ProtoPlanets : "Establishing a global observational view of the early stages of planet formation and evolution".

Myriam Bénisty
Découverte d’une protoplanète, PDS70b, enfouie dans un disque protoplanétaire
Les découvertes de milliers d’exoplanètes a mis en lumière une impressionnante diversité dans les propriétés de ces planètes, et dans l’architecture des systèmes exoplanétaires. Pour comprendre l’origine de cette diversité, il est nécessaire d’étudier les premières phases de la formation planétaire, et les conditions physiques présentes dans l’environnement de naissance de ces planètes, les disques protoplanétaires.

L’objectif du projet Protoplanets est d’établir une vision observationnelle de la formation et de l’évolution des systèmes planétaires, en s’appuyant sur une suite d’observations obtenues avec les instruments du Very Large Telescope et Atacama Large Milllimeter Array. Le projet se focalisera sur la recherche de planètes jeunes, encore en formation et sur l’étude de leur impact sur leur environnement proche.

Nicolas Roch lauréat pour le projet SuperProtected

Nicolas Roch est chargé de recherche CNRS à l'Institut Néel (CNRS). Il est lauréat pour le projet SuperProtected : "Super inductance for hardware-protected superconducting qubits".

Les travaux de Nicolas Roch se concentrent sur la réalisation expérimentale de nouveaux composants électroniques qui tirent partis des propriétés uniques de la mécanique quantique. Pour faire cela, il utilise des matériaux supraconducteurs qui permettent d’avoir un minimum de dissipation et il refroidit ses circuits, proche du zéro absolu (-273°C) pour que leurs propriétés quantiques ne soient pas détruites par la température.

Alors que les lois de la physique posent d’énormes contraintes sur les performances des ordinateurs classiques, un ordinateur quantique pourrait s’affirmer comme le futur de l’informatique. Bien que les attentes et les promesses concernant l'information quantique soient de plus en plus étendues, il reste une difficulté majeure à surmonter : le phénomène de décohérence quantique rend les meilleures puces quantiques actuelles quasi-inopérantes même à très basses températures.

Le projet SuperProtected vise à établir une génération de bits quantiques supraconducteurs qui seront intrinsèquement protégés contre la décohérence grâce à une nouvelle façon d’encoder l’information quantique et à des techniques de nano-fabrication innovantes.
 
Publié le  10 décembre 2020
Mis à jour le  15 décembre 2020