Le site de forage sur le glacier Illimani © Sarah Del Ben / Wild Touch / Fondation Université Grenoble Alpes
Le site de forage sur le glacier Illimani © Sarah Del Ben / Wild Touch / Fondation Université Grenoble Alpes
Sciences et technologies
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Après une première expédition au Mont Blanc en août 2016, l’équipe "Ice Memory" vient de terminer le forage de deux carottes sur le Nevado Illimani, un glacier bolivien à 6 300 mètres d’altitude. Son objectif : créer un sanctuaire mondial d’archives glaciaires, en Antarctique, terre de science et de paix, afin de conserver des carottes de glace des principaux glaciers mondiaux en péril.
Cette deuxième opération de forage a eu lieu au printemps 2017, de mi-avril à mi-juin, sur le Nevado Illimani, une montagne bolivienne située dans la cordillère orientale des Andes. Elle a impliqué une vingtaine de scientifiques, français, américains, russes, brésiliens et boliviens, ainsi qu’une vingtaine de guides et de porteurs.

Un forage à 6 300 mètres d’altitude : une prouesse technique et scientifique

Réaliser un forage sur le Nevado Illimani représente de réels défis, notamment logistiques. Pour réaliser cette prouesse, les scientifiques qui ont participé à l’expédition ont du s'acclimater progressivement afin de résister pendant deux mois à 6 300 mètres d’altitude. Alors que pour l’expédition du Mont Blanc en août 2016 le matériel était acheminé par hélicoptère, en Bolivie, tout le matériel a été porté à dos d’homme. Les 15 chercheurs et une trentaine de guides et porteurs boliviens ont affronté des conditions climatiques extrêmes dès l’arrivée au camp de base, situé à 4 500 mètres d’altitude.

Une archive glaciaire sans précédent en Antarctique

Ce nouveau forage va permettre d’étudier 18 000 ans d’histoire climatique et environnementale des Andes. Deux carottes de glace ont été extraites, en une dizaine de jours, jusqu’au socle rocheux : la première de 137 mètres et la seconde de 134 mètres. Le forage de la troisième carotte initialement prévu n’a pas pu être tenté, faute de temps et afin de garantir la sécurité des équipes.

« Cette deuxième expédition est un formidable succès collectif, estime Patrick Ginot (IRD), coordinateur des expéditions "Ice Memory". Les analyses de ces carottes seront réalisées pour l’essentiel à l’Institut des géosciences de l’environnement (IGE) à Grenoble. »

Ces carottes rejoindront celles extraites en 2016 lors de l’expédition sur le massif du Mont-Blanc et alimenteront la première carothèque mondiale d’archives glaciaires, qui sera créée sur la base Concordia en Antarctique pour les chercheurs des siècles à venir. « Ice Memory est une formidable aventure de collaboration et de confiance entre nations, scientifiques et mécènes privés, qui prennent leurs responsabilités face au changement climatique », se réjouit Anne-Catherine Ohlmann, directrice générale de la Fondation UGA, qui coordonne le volet mécénat du projet.

Un financement participatif et une labellisation de l’UNESCO

En décembre 2016, une campagne de financement participatif avait été lancée afin d’organiser ce nouveau périple scientifique. Depuis février 2017, l’équipe "Ice Memory" peut compter sur un soutien de taille, ayant obtenu le label de l’UNESCO à travers le patronage de la Commission nationale française de l’UNESCO.

L'expédition en vidéo

Les médias en parlent

Reportage réalisé par une équipe de France 3 Alpes lors du départ des premières caisses de matériels de Grenoble pour la Bolivie, début février 2017.



Publié le 19 juin 2017
Mis à jour le 26 juin 2017

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